18 février 2011 Fittsize Me

Miratech , l’agence spécialisée dans l’étude et l’analyse des comportements utilisateurs, a publié une seconde étude sur les différences de lecture entre iPad et journal papier.

La première étude avait démontré que la "lecture sur iPad est plus superficielle que la lecture sur un journal papier". Bien que la durée de lecture soit sensiblement la même sur les deux supports, le journal papier favorise la concentration et la mémorisation  des articles. "Suite à la lecture, seulement 70% des participants se rappelaient d’un article sur iPad, contre 90% pour le support papier"

Cette seconde étude approfondit l’analyse, notamment sur la durée moyenne de lecture totale, le nombre d’articles parcours et le nombre de publicités vues. La méthodologie reste identique à la première étude, le journal 20Minutes servant de référence aux tests.

La durée moyenne montre que les utilisateurs passent environ 2 minutes et demie de plus à lire le journal complet sur iPad. Le contenu de l’iPad apparaît également comme plus attrayant – luminosité et contraste des textes et images -, ce qui incite l’utilisateur à rester sur le support. La contrepartie observée est une fatigue occulaire plus importante que la lecture d’un journal papier.

Le nombre d’articles parcourus fait ressortir un point important : "les lecteurs parcourent deux fois plus d’articles sur un journal iPad que sur un journal papier (35% d’articles parcourus pour l’iPad contre 18% pour le support papier)".  En revanche, la perception des publicités ne fait pas apparaître de différence significative : "26% des publicités sont vues sur l’iPad contre 21 % sur le journal papier".

Eve Demange, de Plume Interactive, s’interroge sur ces disparités et complète sa réflexion avec l’étude "Eyetracking the news" réalisée par le Poynter Institute en 2007 et disponible sur Amazon. Elle avait démontré que "plus l’information était découpée et présentée sous des formats denses comme un graphique, des questions/réponses ou des cartes, plus les internautes assimilaient cette information durablement".

En conclusion, Miratech a montré des différences de lecture entre un journal papier et l’iPad : l’iPad induit une lecture du journal efficace, mais superficielle. On parcourt plus d’articles, mais on les retient moins. Le contenu est mieux assimilé et mémorisé sur un journal en version papier.

Accéder à l’étude complète

Comments (2)

  1. Bonjour Bertrand,

    Un des points qui me gène dans cette seconde étude, et que j’avais déjà partagé à l’époque de la première (j’ai oublié sur quel blog), c’est de comparer un contenu strictement similaire (20minutes papier vs pdf de 20minutes sur l’iPad).

    Certes les conclusions sont justes, mais à la seule condition que la présentation du contenu soit exactement la même et que l’utilisateur n’interagisse pas du tout avec..

    Hors justement, contrairement au papier, sur tablette un utilisateur ne fait pas que consulter un contenu il interagit avec en permanence.

    De fait, les résultats de cette étude me semble bien moins pertinents et demandent à être fortement mis en regard avec une utilisation « réelle » d’applications iPad.

    L’exemple le plus flagrant pour moi est celui de la pub. « 26% des publicités sont vues sur l’iPad contre 21 % sur le journal papier » mais… si l’utilisateur avait eu le droit de zoomer sur les blocs de texte (ce qu’il fait naturellement), je pense que le score n’aurait pas été le même (plus faible sur iPad).

    Néanmoins, à l’usage je confirme que la lecture sur iPad est plus superficielle que sur papier, en tout cas ce que je ressens est que lorsque je lis un contenu qui m’intéresse vraiment et pour lequel je souhaite « mémoriser des morceaux », je dois me concentrer et donc j’y passe plus de temps.

    • Fittsize Me

      Bonjour Fabien,
      Je reconnais les limitations de ce type d’études mais Miratech ne pouvait faire l’impasse sur le protocole de test, l’étude s’intéressant dans un premier temps aux informations perçues, quel que soit le support utilisé. Selon eux, ils ont « […] ainsi évité les biais liés à l’apprentissage de l’iPad (découverte des fonctionnalités, envie de jouer avec le zoom…) »…

      Leur labo aurait peut-être dû mettre en concurrence deux types de tests : l’eye-tracking ainsi que le wet-finger-tracking – technique que je viens de découvrir ! – pour les tablettes afin d’observer le parcours tactile en cours de lecture (comme effectivement utiliser le zoom pour retirer du champs de vision les publicités présentes). Et comparer ensuite les données recueillies. Mais que penser alors de la fiabilité de la restitution de l’étude ? Est-ce même d’ailleurs possible au regard de la rigueur méthodologique inhérente à ce genre de tests ? J’en doute mais cette réflexion me paraît intéressante (voire nécessaire) à approfondir…
      A suivre…

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