Le web, l’avènement de la lecture sémantique ?

La réflexion portée par Eve Demange – rédactrice web et ergonome éditoriale – sur l’évolution de nos habitudes de lecture se révèle particulièrement intéressante. Si vous souhaitez aller plus loin sur le sujet : www.plume-interactive.com

Lorsque Internet n’existait pas encore, l’homme lisait de manière linéaire. Durant des siècles, le cerveau humain a forcé sa pensée dans le schéma chronologique début, milieu, fin. Chapitre 1, 2, 3. Thèse-antithèse-synthèse. Et puis le web est arrivé avec les liens hypertextes, le zapping de la pensée et la lecture en volume.

La navigation sur le web suivant des mots reliés entre eux se rapproche sans doute plus de la manière naturelle dont nous pensons : « j’ai une idée, qui m’entraîne vers une autre, j’aperçois quelque chose qui me fait penser à quelque chose d’autre. Et puis je reviens à ma première idée. J’ai plusieurs idées qui cheminent en même temps. »

Autrefois, l’auteur avait le pouvoir. C’était lui qui forçait le lecteur à entrer dans son schéma de pensée. A l’ère d’Internet, le pouvoir se partage d’égal à égal entre l’auteur web et l’internaute. L’internaute peut quitter un texte à tout moment. Il décide comment va se dérouler son expérience de lecture. Il construit cette expérience unique, personnelle, totalement subjective, plus ou moins consciemment. Il suit une idée, un besoin. Il va cliquer sur les mots, les images qui lui parlent.

La lecture sur un site Internet, et donc l’écriture web, ne s’articulent plus uniquement sur des idées construites et exprimées de manière linéaire. Elles s’appuient sur des correspondances sémantiques. Des « mots-clés » diront les référenceurs, des « carewords » dira Gerry McGovern, des « mots-symboles » pourrait-on encore dire, des mots forts en tous les cas, porteurs de sens et d’action.

L’éditorial web et le référencement travaillent tous deux à partir d’une base identique : la puissance des correspondances sémantiques. Et à l’heure actuelle, nous ne connaissons rien dans ce domaine. La lecture hypertextuelle ouvre un champ d’étude illimité, une vaste analyse comportementale sur la manière dont nous comprenons les mots, et ce qu’ils évoquent en nous.

Eve Demange

eve.demange@plume-interactive.com

Nivea, plus accessible ?

La semaine dernière, de nombreux médias en ligne ont salué la mise en ligne d’une version accessible du site www.nivea.fr.

CBS News donnait l’avis suivant :

« Pour permettre un accès simplifié aux handicapés, Nivea a demandé à Ecedi, société spécialisée dans les nouvelles technologies, de développer une version alternative de son site internet grand public. Cette nouvelle version, baptisée simplement « Nivea Accessible », propose des synthétiseurs vocaux, un défilement automatique, mais aussi des réglettes et des claviers en braille permettant aux non voyants et malvoyants d’accéder au contenu du site. »

Jusque là, la démarche paraît plutôt louable…. là où le bât blesse, c’est en se connectant à www.nivea-accessible.fr

Comment exprimer la déception face à cette interface ? Tout d’abord, l’un des principes de l’accessibilité numérique est de garantir une information uniforme à chaque utilisateur. Là, au delà d’une arborescence réduite à son strict minimum, la quantité et la qualité des informations fournies donnent tout simplement l’impression d’un violent retour en arrière sur l’appréhension et le respect de la personne handicapée ! J’entends un relent nauséabond de type : « Qu’ils prennent ce qu’on leur donne, on est déjà bien sympa de penser à eux… » qui me choque au plus haut point.

A l’heure où les WCAG promeuvent leur version 2.0, où les décrêts d’application sur l’e-accessibilité ont -enfin- été votés en France, il est juste inimaginable de voir un groupe tel que Nivea oser présenter ce type d’interface… Absence de structuration de la page à l’aide de titres, paragraphes…, absence de liens d’évitement ou de contrôle d’erreurs sur les formulaires, titres des liens redondants par rapport aux intitulés, détournement de balises,… La liste est malheureusement trop longue pour être détaillée ici. Le plus surprenant est que la rubrique d’aide prétend que le site est double A auprès du W3C !

J’espère que les utilisateurs, associations et groupement sensibles à l’accessibilité sauront réagir d’une seule et même voix pour que Nivea se ressaisisse ! Gageons qu’il s’agissait d’une version bêta – à prendre au premier ou second degré, je vous laisse décider ! – et que le bouche-à-oreille n’ira pas jusqu’au boycott de la marque…

Natures & Découvertes se rapproche de ses clients !

Après avoir signé la refonte du portail de TF1, Nealite vient de mettre en ligne la nouvelle version du site Nature & Découvertes.

L’agence parisienne a accompagné l’enseigne naturaliste sur une vision stratégique forte. Avec cette nouvelle version du site, Nature & Découvertes affirme son multi-positionnement : celui de site e-commerce fort bien structuré, celui de vitrine de la marque au travers de ses événements et de son actualité et, pour finir, celui de son réseau communautaire avec ses conseils, notes et commentaires.

Côté ergonomie et design, l’interface est proche de l’excellence. La présence de grands visuels favorisant l’immersion, une navigation fluide, des parcours de navigation logiques et des contenus structurés répondent en profondeur aux attentes des . Preuve est faite que le respect des standards du web et des bonnes pratiques assure une expérience utilisateur puissante et aisée. Encore bravo pour cet excellent travail !

Découvrir le site Nature & Découvertes : www.natureetdecouvertes.com
En savoir plus sur Nealite : www.nealite.fr

Squibble Portable Braille Interface

Une véritable révolution est en route ! Aujourd’hui, les personnes handicapées visuelles ne peuvent accéder efficacement aux fonctionnalités des téléphones de nouvelle génération, faute de dispositif clair pour, par exemple, rédiger un SMS ou appréhender le contenu d’une application IPhone.

Le designer Andrew Mitchell a créé un dispositif nommé Squibble. Ce dernier embarque un véritable clavier braille et une série de symboles facilement reconnaissables. Un véritable « pocket-chatter » ! Encore à l’état de prototype, cette interface portable est actuellement en cours d’études en vue de sa commercialisation.

Gageons que sa mise en production fera de nombreux heureux… A condition que son prix soit accessible (mais là, il ne faut peut-être pas trop rêver !).

Pour en savoir plus, rendez-vous sur le site d’Andrew : andrewmitchelldesign.co.uk